
Septembre, octobre, novembre: après avoir illuminé le jardin de leurs couleurs de feux d'artifice, les feuilles s’envolent et forment un tapis au pied des arbres, même le feuillage de certaines fleurs vivaces comme les pivoines ou les tiges de certaines graminées se teintent de pourpre ou de jaune avant de faner pour de bon. Il est temps de préparer le jardin pour l'hiver, de procéder à un dernier toilettage afin de ne pas avoir à se voiler les yeux à la mauvaise saison, à la vue d’un potager ou de plates-bandes désormais abandonnés, hérissés de moignons noircis.
On raccourcit les tiges fanées, on arrache les restes de légumes, on harmonise la structure des rosiers ou de certains
arbustes pour que les vents d'hiver ne s’acharnent pas sur leurs longues tiges au risque de déterrer en partie la
plante. Tous ces débris de végétation ajoutés à toutes les feuilles mortes forment une masse végétale encombrante
qui nécessitera de nombreux voyages à la décharge municipale, ou à la déchetterie.
Il y a bien sûr ceux qui jettent le tout dans la poubelle familiale. . . qui bien souvent n'est pas suffisamment grande
pour tous les déchets du jardin et de la maison réunis.
A propos, savez-vous que dans la C.U.S. (Communauté Urbaine de Strasbourg), chaque habitant produit en moyenne
360 kg d’ordures ménagères par an, dont 90 kg (c’est-à-dire 1/4) de déchets organiques. Imaginez un cortège de 5.500
camions-poubelle par an! Gorgés d’eau, ces déchets verts brûlent difficilement et gênent de ce fait le bon
fonctionnement de l'usine d’incinération.
Dommage, car il y a peut-être mieux à faire. . . le compostage!
Le compostage, c'est la poubelle écologique par excellence, c'est l'art de transformer les déchets organiques en un humus naturel et riche, d’imiter la nature où les plantes se nourrissent de leurs propres déchets (feuilles, branches et racines mortes) qui sont décomposés et recyclés par les vers et les micro-organismes tels que champignons et bactéries. Or l'humus est la clef d'un sol fertile, c'est donc lui que nous devons favoriser dans notre jardin.
Il existe mille et une façon de faire du compostage, tant du point de vue du matériel utilisé, que de la surface occupée, des matériaux compostés etc. Rappelez-vous simplement que point n'est besoin de disposer de quantités énormes de détritus pour l'envisager, par contre il serait vain d'espérer produire un terreau riche à partir d'un seul matériau tel que les tontes de gazon.
L'emplacement: Esthétiquement parlant, le compostage n'est pas vraiment attrayant, même si vous utilisez un silo à compost fermé
par un couvercle par exemple. Vous chercherez donc un endroit à l'écart des yeux mais. . . non de la cuisine, car c'est
de là que viendront de nombreux déchets compostables, et à la mauvaise saison vous apprécierez sa proximité,
surtout si en plus un chemin de dalles en rend l'accès propre.
Le compost n'aime pas le plein soleil, du moins en été, car il ne doit pas dessécher pour rester actif.
Pour éviter une trop forte humidité qui entraînerait le pourrissement et non le compostage des déchets, l'emplacement
doit être aéré.Forts de ces observations, choisissez un emplacement à l'abri d'une haie, d'un arbuste ou d'un arbre pour profiter de leur mi-ombre par temps chaud et sec. Les feuillus sont préférables aux persistants, car en hiver le compost gagnera à profiter du faible soleil qui le réchauffera et en activera la fermentation.Pour ceux qui grimacent en songeant aux mauvaises odeurs: sachez qu'un compost bien fait ne sent pas mauvais!
Il existe dans le commerce de nombreux modèles de compostier, silos, fûts de différentes tailles, plus ou moins
esthétiques, pratiques ou sophistiqués. Le modèle le plus simple peut être constitué d'un sac en plastique perforé.
Mais vous pouvez également le bricoler vous-même avec des planches en bois (traitées contre le pourrissement de
préférence), des parpaings, des briques ou tout simplement un simple grillage à poules autour de quelques piquets.
1° principe de base: l'air doit circuler autour et dans le compost pour qu'il ne développe pas de moisissures malodorantes et n'attire pas mouches et insectes.
2° principe: plus le tas de compost est gros, plus la production de chaleur est importante et donc
favorable à une décomposition rapide. Cependant il faut que le tas de compost reste maniable; on conseille donc un
maximum de 1,50 m de haut pour 1,50 m de large et une longueur de 3 à 4 mètres. Pour en arriver là, il y a de la
marge. Mais pour ceux qui disposent de plus grandes quantités de déchets verts, il vaut mieux construire plusieurs
tas de compost; on laisse "mûrir" le premier pendant que l'on forme le deuxième.
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Les restes du potager et du jardin d'ornement: résidus de haricots verts, de pois, de fèves, de carottes, de
choux etc. (Méfiez-vous des plants de tomates ou de pommes de terre, car ils véhiculent souvent des maladies),
fumier, paille, feuilles, branches broyées, restes de plantes vivaces ou annuelles, mauvaises herbes non fleuries et
ne portant pas de graines (faites d'abord griller au soleil les plus coriaces comme les chardons). |
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Quelques bonnes plantes dites "sauvages": l'ortie, la consoude et l'achillée mille-feuille. Utilisez les orties
non fleuries. La consoude se reconnaît à ses grandes feuilles velues légèrement piquantes comme celles de la
bourrache, et à ses grappes de fleurs pendantes blanches ou bleu-roses. L'achillée mille-feuille qui pousse partout,
sur les talus ou les prés se reconnaît à ses feuilles finement découpées et ses petites fleurs blanches serrées en
têtes plates ou corymbes. Astuce: faire macérer quelques oignons pendant quelques jours dans un seau d'eau, arroser le compost avec cette décoction qui agira comme un désinfectant. |
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Quelques adjuvants et auxiliaires de compostage que vous trouvez dans le commerce:
Os, corne et sang en poudre surtout si le tas de compost est constitué principalement de matériaux pauvres en éléments nutritifs tels que feuilles, paille, sciure ou branches.
Poudres à base d'algues marines (lithothamne): c'est une sorte de chaux "douce" à n'utiliser que dans un compost à base de feuilles; ces poudres neutralisent l'excès de tanin et donc d'acidité du compost.
Poudres de roche: riches en minéraux, elles activent la formation d'humus et fixent les oligo-éléments; elles entravent en outre la formation de mauvaises odeurs.
Les activateurs de compost et les activateurs de croissance: ils sont constitués essentiellement d'enzymes et de micro-organismes. Ils sont surtout utiles en l'absence de vers de terre, dans le cas d'un premier compost, ou du compostage de matériaux se dégradant difficilement tels que la sciure ou l'écorce broyée.
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Les vers de terre: voilà les meilleurs "composteurs", ceux qui transforment rapidement presque tous les déchets en un humus riche en éléments nutritifs. Il en existe deux sortes: le Lombric, ver de terre classique et le ver rouge ou Eisenia faetida. Les lombrics vivent aussi bien dans la terre que dans le compost, alors que les vers rouges très voraces affectionnent les matières très humides peu répandues au jardin, sauf si vous pratiquez le compostage de surface. |
Les feuilles de certains arbres: chêne, châtaignier, peuplier, noyer et acacia; ces feuilles coriaces se décomposent plus difficilement.
Les pelures d'agrumes (citron, orange, pamplemousse. . . ) et fruits exotiques traités: des essais ont démontré que les conservateurs sont assez vite dégradés par le compostage; il semble cependant raisonnable de limiter l'apport de fruits exotiques à 5% de la masse compostable, car certains pays utilisent encore des pesticides difficilement dégradables.
Cendres de charbon de bois. Plantes à graines: les mettre au milieu du tas pour que la chaleur détruise les éléments indésirables.
Le papier glacé, journaux et revues imprimés: leurs encres contiennent des acides peu propices à la prolifération des vers de terre.
Matières synthétiques (même le papier ou le carton plastifié), cailloux, métaux, verre, détergeants.
Corps gras et restes de viandes qui génèrent les mauvaises odeurs.
Couches de bébé, mégots de cigarettes.
Sachets d'aspirateur, balayures, cendres de charbon (houille): bien souvent ces déchets contiennent des quantités non négligeables de métaux lourds et autres poisons générés par la pollution de notre environnement.
Les végétaux porteurs de maladies cryptogamiques (champignons: mildiou, oïdium, rouille), virales (feu bactérien) comme les feuilles des fruitiers ou des rosiers. Evitez également les feuilles de platanes trop coriaces.
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Il faut respecter certaines règles pour obtenir un bon compost. |
Le montage du compost:
Pour commencer disposez à l'endroit choisi une couche de paille, de brindilles ou de branchettes provenant par exemple de la taille de votre haie; ce lit doit permettre à l’air de circuler à la base du compost.
Ensuite déposez-y couche par couche tous les matériaux dont vous disposez en alternant déchets de jardin, feuilles, paille ou brindilles, déchets de la cuisine et plantes sauvages bénéfiques etc., en bref tous ce qui a été conseillé plus haut.
Incorporez de temps en temps une pelletée de terre ou mieux encore de compost à moitié mûr: c'est ainsi qu'on "ensemence" un compost en lui apportant micro-organismes et vers de terre, les véritables acteurs de la décomposition des déchets organiques.
Si le tas de déchets vous semble trop compact incorporez-y plus de branchettes ou de paille pour que l'air puisse bien circuler. Ce conseil est également valable lorsque votre compost dégage des mauvaises odeurs, signe d'un manque d'aération évident. Si le tas est volumineux, on peut également pratiquer en son centre une sorte de cheminée constituée soit d'un tube en plastique percé de trous, soit tout simplement d'un paquet de branches. En aucun cas, il ne faut tasser les déchets.
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Pour ceux qui ne veulent ni construire ou acheter un silo à compost, ni jeter les déchets verts à la poubelle.
Les déchets sont finement broyés, puis répandus sur le sol, en couches épaisses d'une dizaine de centimètres entre
les rangs de culture, à l'exception des planches réservées aux semis.
Sous cette épaisse couverture, à l'abri de la sécheresse et du froid les vers de terre et les bactéries du sol
fabriqueront sur place l'humus si précieux pour le jardin.
Les règles générales sont les mêmes que pour le compostage en silo. On entasse les déchets "pré-compostés" petit à petit pour former un tas de 60 cm de haut sur 1,20 m de large. Lorsque la hauteur est atteinte, on complète au fur et à mesure le tas en longueur, autant que le permet la place disponible. On aura au bout de quelques mois du compost à tous les stades de maturité: le début du tas sera déjà utilisable alors qu’à l'autre bout il sera encore en pleine formation. Ce type de compostage est très pratique parce que le tas reste toujours très maniable, mais il occupe une surface qui nous est comptée chichement dans nos petits jardins.
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Le compost est prêt lorsque les déchets se sont transformés en une terre grumeleuse, friable, d'un beau brun
foncé (S'il reste des morceaux non décomposés, réservez-les pour le prochain tas de compost). Il peut être utilisé tout
au long de l'année.
A demi-décomposé: l'étendre et l'incorporer à la terre superficiellement par griffages ou avec le motoculteur;
ou en couverture au pied de certains légumes: tomates, céleri, choux, courgettes, concombres. Au jardin d'ornement,
répandu sur les plates-bandes en début d'hiver, il protège du gros froid les souches de vos plantes vivaces qui
disposeront également ainsi d'un engrais naturel dès la reprise de la végétation au printemps. |
N'oubliez pas que le compost vieillit, alors n'attendez pas pour l'utiliser, car avec le temps il perd de ses qualités, les vers et les bactéries se détruisent. On dit qu'il se "minéralise".
L'Association pour la Protection de la Qualité de Vie à La Wantzenau adresse ses vifs remerciements au Service de l'ECOLOGIE URBAINE de la COMMUNAUTE URBAINE de STRASBOURG qui lui a accordé une importante subvention, grâce à laquelle la poursuite de ces publications est possible.
Mise en page version papier: Joseph Baruthio - version Internet: Alain Hausknecht |