« A chacun son prédateur! »: Le puceron dévore la plante, la coccinelle dévore le puceron, l'oiseau dévore la coccinelle etc.
L'équilibre se maintient dans un milieu naturel qui n'est pas ou peu perturbé. Dès qu'un insecte ravageur exagère c'est à dire pullule, ses ennemis naturels en font autant, avec un temps de décalage, laissez-leur le temps de réagir! Une fois leur mission accomplie, leur population s'effondre par manque de nourriture, c'est du moins le scénario idéal, car dans la nature, ce n'est pas toujours ainsi que cela se passe.
Certains insectes originaires de pays étrangers souvent lointains, n'ont pas été suivis dans leur voyage par leurs
ennemis naturels, comme c'est le cas pour les petites mouches blanches.
Ou bien l'abus de traitements insecticides polyvalents n'a pas eu d'effet sur certains ravageurs comme les cochenilles et les acariens, mais par contre a tué les insectes auxiliaires.
Les auxiliaires, sachez reconnaître ces animaux qui ne demandent qu'à aider le jardinier dans sa lutte contre les nuisibles au jardin.
TOUT D'ABORD LA COCCINELLE ET SES LARVES
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Toutes les espèces, qu'elles aient 0, 2 ou 7 points, ou bien 10, 14 ou 22 points, quelle que soit la couleur(taches rouges, jaunes ou orange sur fond noir, points blancs sur fond brun etc.) adultes ou larves, ne se nourrissent que d'insectes vivants: pucerons ou acariens. La plus connue est la "bête à Bon Dieu" qui a 7 points. Sa larve est allongée, d'un aspect grumeleux noir avec parfois des points orangés (ne pas confondre avec la larve du doryphore!). Durant sa vie, une larve peut manger plus de 400 pucerons, et une coccinelle adulte, environ 40 à 60 par jour. Elle passe l'hiver à l'abri (grange, ruine, maison) et termine sa vie au printemps après avoir pondu ses oeufs près de leurs futures victimes. Si l'on traite alors avec des produits chimiques, l'insecticide tuera la nouvelle génération de coccinelles ou, au mieux il les affamera, en les privant de nourriture. |
LES SYRPHES ET LEURS LARVES sont également de précieux auxiliaires au jardin. On confond bien souvent les syrphes avec une guêpe, une abeille ou un bourdon à cause de leur livrée le plus souvent jaune et noire. En fait, ce ne sont que des sortes de mouches au vol stationnaire caractéristique: elles font du "sur place" en vibrant (Schwirrmücke); les adultes se nourrissent de nectar et de pollen et sont d'aussi bons pollinisateurs que les abeilles. La larve, sorte de petite chenille verte qui dresse l'extrémité du corps d'une façon caractéristique pour attraper ses proies, est capable de nettoyer tout un arbre de ses hôtes indésirables: pucerons, chenilles, araignées rouges et petites larves de coléoptères. Cette larve peut déguster 400 pucerons pendant sa croissance (8 à 15 jours), parfois même 100 pendant une seule journée! Leur efficacité n'est plus à démontrer quand on sait que l'on peut avoir jusqu'à cinq générations de syrphes par an.
LES CHRYSOPES Ce sont ces insectes translucides verts que l'on voit en hiver près des fenêtres ensoleillées de la maison: elles ont été réveillées par la chaleur; elles se rendormiraient volontiers dans une cave fraîche! Leurs larves qui ressemblent un peu à celles de la coccinelle, sont friandes d'insectes: pucerons (200 à 500 pendant son développement), pucerons lanigères et cochenilles (si bien qu'on les a surnommées "lions des pucerons"), psylles (parasites du pommier et du potager), chenilles, larves de mouches, acariens rouges du pommier (30 à 40/jour), et même les oeufs de divers insectes et petits organismes rencontrés sur son chemin.
D'AUTRES AUXILIAIRES, encore moins connus, sont à votre service, comme par exemple les perce-oreilles, qui ne percent les oreilles que dans la légende, mais qui chassent la nuit et dévorent des insectes morts ou vivants: pucerons, oeufs de papillons, petites chenilles. Ils aiment aussi les plantes tendres notamment les fleurs de dahlia et de chrysanthème ou les fruits s'ils ne trouvent rien d'autre pour se nourrir (ils sont alors nuisibles).
ET TOUS LES AUTRES INSECTES MECONNUS: staphylins, cantharides, tachinaires, certaines punaises, les ichneumons, carabes ( espèces de coléoptères chassant surtout la nuit et particulièrement efficaces) et autres coléoptères, ainsi que leurs larves qui dévorent des quantités importantes de pucerons, acariens, chenilles, doryphores, limaces et autres parasites indésirables de nos jardins.
LES ARAIGNEES ET LES ACARIENS, qui ne font pas partie des insectes mais des arachnides, jouent également un rôle très important dans la lutte contre les nuisibles: pucerons, moucherons blancs ou noirs, punaises des bois friandes de plantes. Bien que suscitant la peur ou le dégoût d'une façon irraisonnée, les araignées mériteraient notre reconnaissance. Certaines par exemple, piègent dans leurs toiles et dévorent de grandes quantités de pucerons ailés à l'automne; ces pucerons ailés sont des femelles prêtes à pondre des oeufs qui devraient éclore au printemps suivant. L'araignée rouge qui est un minuscule acarien se nourrissant de la sève des plantes, est combattue par d'autres acariens carnivores souvent tout aussi petits.
LES OISEAUX aussi exterminent beaucoup de nuisibles: toutes les espèces de mésange, le pinson, le gobe-mouche, la bergeronnette, le rouge-gorge, le rouge-queue et autres insectivores chassent inlassablement larves et insectes. La mésange bleue surtout est une championne dans ce domaine; c'est une "gymnaste" hors pair! Une vraie acrobate lorsqu'il s'agit de chasser et de dénicher les insectes; on peut les voir inspecter soigneusement l'écorce des arbres, la tête en bas parfois! Les oiseaux animent de leurs chants et cris le jardin, le décorent et le nettoient, de quoi souhaiter leur présence tout au long de l'année. Bien sûr en hiver, lorsqu'il fait froid, les insectes ne se montrent pas, ils hibernent; les petits oiseaux qui restent dans nos jardins, sont alors obligés pour survivre, de changer de régime alimentaire: graines, fruits, graisse. Si nous voulons qu'à la belle saison, ils soient en pleine forme pour élever des petits grâce aux insectes pullulant dans nos jardins, donnons leur à manger pendant la mauvaise saison.
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LE HERISSON se charge des limaces, des escargots, des chenilles et des araignées. Ne nous fâchons pas s'il chipe quelques fruits, il les a bien mérités! |
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LE CRAPAUD, même s'il n'est pas beau (est-ce pour cela qu'il fait peur à certains?), est une bénédiction dans un potager. Discret, son camouflage lui sauve la vie, il sort à la tombée de la nuit et dévore de grandes quantités de limaces, vers et insectes nuisibles: doryphores, chenilles, cloportes, mille-pattes et araignées. |
LES LEZARDS, COULEUVRES ET ORVETS, LES GRENOUILLES, LES CHAUVE-SOURIS ET LES MUSARAIGNES en font autant: voilà tout un petit monde éminemment sympathique et actif pour la plus grande joie du jardinier. Ils méritent notre reconnaissance et notre sollicitude.
LA TAUPE. Son cas est plutôt controversé: utile ou nuisible?
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En Allemagne par exemple, c'est un animal protégé qu'il est interdit de tuer ou de capturer; on peut tout au plus la chasser du jardin en la décourageant; il paraît que le bruit l'indispose. Sachez que la taupe qui est carnivore, est utile parce qu'elle dévore bon nombre de nuisibles qui rongent les racines des plantes, mais qu'elle-même dédaigne les racines. Son mets favori: les vers de terre, et à défaut, des carabes, des larves de taupins et de tipules, des vers blancs... (nuisibles pour les plantes). Ne l'accusons pas des méfaits commis par d'autres. |
NE LES COMBATTEZ PAS, AU CONTRAIRE, ATTIREZ-LES !
Aménagez quelques refuges aux animaux auxiliaires: une haie vive, composées de diverses essences végétales pour les oiseaux et les insectes, nichoirs et mangeoires bien garnies en hiver pour attirer la mésange, le pinson et le
rouge-gorge; un point d'eau attire les grenouilles, les crapauds d'eau, les couleuvres; un petit tas de pierres hébergera à l'ombre et au frais les carabes, et au soleil les lézards; des pots retournés et bourrés de pailles pour abriter les perce-oreilles etc.
Il y a de moins en moins de petites ruches dans les jardins! Que cela ne vous empêche pas de cultiver des plantes
dites "mellifères", c'est-à-dire qui attirent et nourrissent les abeilles, dont la présence favorise la pollinisation ou
fructification des arbres fruitiers. Voici une liste de bonnes plantes vivaces mellifères: aster, bruyère, consoude,
hélianthème, lavande, mauve, mélisse, nepeta, romarin, sauge, sédum, thym. Semez aussi des annuelles, notamment la phacélie également conseillée comme engrais vert.
A propos d'abeilles, savez-vous qu'il existe plusieurs espèces d'abeilles sauvages. Elles ressemblent à de petites,
voire minuscules abeilles domestiques plus ou moins foncées. Elles ne forment pas de ruches car ne vivant pas en
communauté. Ce sont d'excellentes pollinisatrices!
POURQUOI UNE HAIE? Une haie remplit plusieurs fonctions. En premier lieu, elle
sert de séparation entre des terrains voisins, ou bien avec la rue; elle marque une limite de propriété et remplace
souvent une palissade ou un grillage de façon plus décorative. Elle coupe le vent, assourdit les bruits de la rue surtout lorsque celle-ci est très passante et vous met parfois à l'abri des regards indiscrets.
Comment une haie peut-elle être utile, en dehors de son rôle de protection et de limite de propriété? Tout simplement
en accueillant des animaux bénéfiques, puisqu'ils se nourriront des parasites et autres nuisibles qui ravagent le jardin. Dans une haie ils trouveront des abris pour nicher, un refuge pour se cacher ou parfois pour hiberner, ainsi que la nourriture. Il semble logique de penser qu'une haie composée de nombreuses variétés de plante attirera
automatiquement plus de locataires que par exemple une haie de thuyas ou de troènes taillés de surcroît, et en tout
cas beaucoup plus qu'un simple grillage ou une palissade.Les haies champêtres d'antan qui peuplaient nos régions ont disparu pour la plupart, avec les remembrements et les nécessités d'une agriculture moderne. Maintenant on les regrette parce qu'elles remplissaient des fonctions très précises: on a remarqué qu'en leur absence comme brise-vent les températures hivernales au sol étaient plus basses; elles stabilisaient la terre, leur disparition a facilité l'érosion et les glissements de terrain, et enfin, avec elles disparaissent de nombreuses espèces végétales et animales.
Une haie taillée occupe en principe moins de surface qu'une haie libre, surtout dans un petit jardin ou bien lorsqu'elle
sépare des plates-bandes, mais elle demande aussi plus d'entretien; notamment des tailles de formation très
régulières pour garder un aspect soigné.
COMMENT CONSTITUER UNE HAIE Une haie peut être constituée d'une seule espèce d'arbuste ou de conifère ou bien de nombreuses essences végétales. Haie taillée ou libre: affaire de goût me direz-vous! de place aussi parfois; sans doute. Mais pourquoi ne pas joindre l'utile à l'agréable?
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La mode des haies toujours vertes ( thuya, laurier-palme . . . ) qui ont envahi nos jardins, a eu un effet pervers:
l'apparition d'une grave maladie bactérienne appelée le "feu bactérien" qui s'est propagée d'une façon fulgurante, et
qui risque maintenant de détruire certaines aubépines, cotonéasters et buissons ardents, essences typiques de nos
haies champêtres. |
QUI PEUPLERA LA HAIE? Très rapidement de nombreuses espèces d'animaux la coloniseront. Il n'est pas nécessaire de ratisser toutes les feuilles qui s'accumulent au fil des saisons au pied des arbustes, bien au contraire; ce paillage naturel est un refuge idéal pour de nombreuses espèces: insectes, petits rongeurs, orvet etc. Dans la haie, la grive musicienne débusquera les escargots, le rouge-gorge y construira son nid dans les basses branches, d'autres oiseaux installeront leur couvée au milieu ou au sommet des arbustes. A l'automne, le hérisson y installera un nid douillet de feuilles sèches pour hiberner. Les abeilles trouveront très vite le chemin des fleurs à butiner pour fabriquer leur miel, ainsi que les papillons aux couleurs éclatantes...
COMMENT L'ENTRETENIR?
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Une haie libre ou champêtre pousse relativement vite et bien, surtout lorsqu'elle est composée d'espèces rustiques,
c'est-à-dire supportant les rigueurs de nos hivers.
L'entretien en est facile et sa résistance aux maladies et aux parasites est bien meilleure.
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Mise en page version papier: Joseph Baruthio - version Internet: Alain Hausknecht |